LE SANCTUAIRE

 

Jack Sequeira

 

18

 

 

La vision de Daniel 8

(deuxième partie)

 

Daniel 8 : 9-14

 

(catalogue)

 

    Comme nous l'avons dit dans le chapitre précédent, nous n'avons pas été seulement attaqués sur nos convictions par certains érudits mais, nous avons aussi, dans les dix dernières années, perdu plus de cent vingt pasteurs entre l'Australie et l'Amérique du Nord. Certains ont renoncé à leur lettre de créances et d'autres ont même quitté l'Église parce qu'ils ne voulaient plus soutenir son enseignement au sujet de Daniel 8:14.

 

    La question soulevée dans le chapitre précédent est celle-ci: "Avons-nous suivi de subtiles fables? Pouvons-nous défendre notre enseignement par la Bible et la Bible seule?" Si nous ne pouvons pas le faire, il nous faut alors renoncer à former une dénomination particulière. C'est un point crucial parce que la mission de notre mouvement est basée sur ce passage. Dieu n'a pas besoin d'ajouter encore une dénomination de plus sur sa liste si nous n'avons rien de particulier à manifester. Cette démarche de fragmentation n'est pas biblique. En ce qui concerne Dieu, nous savons qu'Il a une Église et elle représente le corps de Christ. Il a une mission pour nous et si nous l'anéantissons, nous n'avons plus rien à faire ici.

 

    Ayant longtemps étudié cette doctrine, je souhaite la défendre aujourd'hui. Je pose cette question: "Avons-nous été honnêtes dans notre interprétation?" Je dois dire franchement que nous avons des problèmes. Nous en avons déjà parlé dans le chapitre précédent, encore une fois, nous avons besoin de considérer honnêtement ce passage pour savoir si nous pouvons vraiment défendre nos positions et notre mission.

 

    Nous avons vu deux choses et présenté les quatre écoles d'interprétations différentes de ces passages. Il existe une école libérale qui approche le livre de Daniel par les vues idéalistes, et qui quelquefois donne au texte une vision spirite. Ces théologiens libéraux ne pensent pas que Daniel ait donné des prophéties concernant des événements du futur. Ce sont là, d'après eux, des langages symboliques pour exprimer des vérités spirituelles.

 

    Luther et ses disciples prirent position pour l'interprétation historique des prophéties. C'est ce que représente la prophétie, à savoir une série d'événements qui s'enchaînent jusqu'à un accomplissement final. Autrement dit, Dieu a donné à Daniel la connaissance de toute une série d'événements, prenant place depuis son époque jusqu'à la fin des temps. En accord avec cette position, la papauté a été reconnue comme la petite corne.

 

    Nous savons que la papauté n'a pas apprécié cette interprétation, et qu'elle s'est choisie deux prêtres Jésuites pour mettre en évidence d'autres conclusions. Luis D. Alcazar a mis en avant l'idée prétériste, qui consiste, nous l'avons dit, à laisser entendre que tout s'était déjà accompli par le passé, dans la période de la vie du prophète ou juste après. Ainsi, avant même la fin du deuxième siècle avant Jésus-Christ, tout était réalisé. Cette idée disculpe la papauté puisqu'elle est apparue après cette période.

 

    L'autre prêtre Jésuite, Francisco Ribera, espagnol lui aussi, a présenté l'idée futuriste. Une partie des prophéties de Daniel aurait donc été réalisée de son vivant, l'autre partie se réalisera tout à la fin des temps et entre les deux périodes, c'est le vide prophétique. Ce "vide" est aussi la période qui couvre l'histoire papale. Par ces deux options prétériste et futuriste, la papauté est protégée de toute assimilation avec la petite corne. Nous ne pouvons pas les blâmer d'avoir essayé de défendre leurs positions. Notre problème est que la majorité des églises protestantes a accepté aujourd'hui ces vues catholiques romaines en rejetant la position historique  que Luther  défendait. L'Église  Adventiste  souhaite  rester  fidèle  à l'approche historique.

 

    Je crois vraiment que cette approche historique est la bonne. Quand nous étudions les livres de Daniel et de l'Apocalypse, il semble très clair qu'ils nous présentent une suite continuelle d'événements qui, dans les grandes lignes, prendraient place jusqu'à la seconde venue du Christ et même au delà.

Nous devons reconnaître que nous avons des difficultés et qu'il est bon de regarder à ce problème dans sa totalité pour le résoudre Bible en main. Si nous ne pouvons pas défendre cette vérité par l'Écriture alors c'est que nous avons un problème.

 

    Je propose de poursuivre cette étude en donnant mon avis sur ce passage de Daniel 8:14. Il y a là une très importante règle herméneutique à considérer - une de ces règles d'interprétation qui servent à comprendre les livres de Daniel et de l'Apocalypse. La seconde chose que j'espère faire c'est de prendre le texte de Daniel 8 comme un ensemble, car une des choses qui nous est reprochée - et qui me fait peur d'une certaine manière c'est que nous avons sorti le verset 14 de son contexte. Il nous faut être honnête et reconnaître que nous l'avons fait.

 

    Le sujet de Daniel 8:9-14 est la petite corne. Elle jette à terre la vérité du sanctuaire et elle prospère dans ses entreprises. Le verset 13 pose une question: "jusqu'à quand, Éternel, permettras-tu que cela se produise? Combien de temps laisseras-tu la petite corne fouler aux pieds la vérité du sanctuaire?" La réponse est la suivante: "Deux mille trois cent soirs et matins et le sanctuaire sera purifié".  Ceci n'a rien à voir avec le jugement investigatif, c'est un sujet différent. Ceci est en relation avec Daniel 7. Aussi pourquoi vouloir incorporer Daniel 7 dans Daniel 8:14? Il nous faut être honnête avec ce texte.

 

    Nous connaissons un principe d'interprétation appelé le "parallélisme" ou quelquefois "principe de récapitulation". C'est un principe herméneutique qui n'a pas été mis au point par les Adventistes mais qui est utilisé depuis longtemps par l'Église chrétienne. Elle a enseigné cela depuis le troisième siècle après Jésus-Christ, bien avant donc que notre église n'existe. En voici la règle.

 

    Ce principe herméneutique enseigne que Daniel et le livre de l'Apocalypse récapitulent des événements et des périodes historiques, ayant une relation avec le temps de la fin. C'est pourquoi les chapitres 2, 7, 8, 9, 11 et 12 sont des textes parallèles, chacun se terminant par un événement eschatologique. Dans le chapitre 2, la pierre qui se détache sans l'aide d'aucune main représente l'acte final. Au chapitre 7, le jugement a lieu et le royaume est donné aux saints. Les chapitres 8 et 9 traitent de la fin des deux mille trois cents jours au moment où le sanctuaire sera purifié et du temps où la petite corne sera abattue. Les chapitres 11 et 12 parlent du temps de trouble, période pendant laquelle le peuple de Dieu sera éprouvé puis finalement délivré.

 

    Considérant la grande controverse entre Christ et Satan, au cours de l'histoire de ce monde que Daniel prophétisait, nous prendrons trois des principaux chapitres et nous nous rendrons compte que ce sujet n'a pas été habilement créé de toutes pièces, mais qu'il représente un très clair enseignement prophétique offert par Daniel. Ces trois chapitres, 2, 7 et 8 sont des chapitres prophétiques qui doivent être considérés en parallèle. Ils traitent du même royaume et de la même période.

 

    Babylone: Au chapitre deux, vous verrez que la tête d'or représente le royaume de Babylone qui exista de 605 à 538 avant Jésus-Christ. Le lion du chapitre sept parle du même royaume et de la même période. Mais le chapitre 8 ne parle pas de Babylone, simplement parce que la vision fut donnée au moment où Babylone arrivait à la fin de son règne.

 

    Medo-Perse: Au chapitre deux, cet empire Médo-Perse est représenté par le torse d'argent, dans le chapitre sept par l’ours, et au chapitre 8 par le bélier. Ces trois symboles traitent du même royaume et de la même période s'étalant de 538 à 331 avant Jésus-Christ. Ceci est connu comme étant une application du principe de parallélisme. Vous trouverez la même idée dans le livre de l'Apocalypse, sept églises, sept sceaux, sept trompettes. Ces passages représentent différentes approches d'un même sujet.

 

    Grèce: De 331 à 168 avant Jésus-Christ, la Grèce est présentée dans Daniel 2 par le ventre et les cuisses de bronze, au chapitre sept par le léopard et au chapitre huit par le bouc. Quel que soit le symbole utilisé, ils parlent de la même chose.

 

    Rome: C'est Rome en tant qu'empire païen de 168 avant Jésus-Christ à 538 après Jésus-Christ. Les jambes de fer du chapitre deux, la bête terrible du chapitre sept et la petite corne du chapitre huit font référence à Rome en tant qu'empire païen.

 

    Les royaumes divisés: De 538 après Jésus-Christ à la fin de leur règne. Ces royaumes divisés sont représentés dans le chapitre deux par les pieds de fer mêlés d'argile, au chapitre sept par les dix royaumes issus de la petite corne et au chapitre huit par la petite corne qui était la papauté.

 

    Chaque chapitre parle des mêmes royaumes et des mêmes périodes mais ceci est vu sous différents angles. Le chapitre 2 fait allusion aux pouvoirs séculiers, le chapitre 7 parle de ces pouvoirs en tant qu'entités politiques. Vous pouvez noter que tous ces animaux sont impurs. Au chapitre huit tous les animaux sont purs et font référence à ces royaumes comme à des pouvoirs spirituels. Souvenez-vous qu'à cette époque les pouvoirs politiques étaient associés aux religions de l'époque. Il n'existait pas de séparation de l'Église et de l'État. C'est un nouveau concept américain. Il ne faut pas que nous projetions sur le monde d'alors nos concepts sociologiques modernes.

 

    Le Royaume de Dieu: C'est le dernier royaume. Au chapitre 2, ce royaume est représenté par la pierre découpée sans l'aide d'aucune main. Au chapitre 7, ce royaume de Dieu est représenté par le jugement - ce que nous appelons "le jugement investigatif" - souvenons-nous que le chapitre 7 parle de ce jugement. Nous aborderons ce sujet un peu plus loin. Au chapitre 8, le royaume de Dieu est représenté par la purification du sanctuaire. Ce que nous essayons de mettre en évidence c'est que, par la règle du parallélisme des textes, nous découvrons que la grande pierre, le jugement investigatif et la purification du sanctuaire font tous référence à la même période. Daniel 8:14 nous donne la date à laquelle ce temps débute, mais il ne parle pas du jugement investigatif. Nous pouvons connaître la date dans Daniel 8 : 14, mais le jugement investigatif est mentionné dans Daniel 7.

 

    Prenons le temps de nous arrêter là. Quand Adam a péché, il a placé ce monde sous la domination de Satan, et c'est notre position aujourd'hui. Quand Christ est venu il y a deux mille ans, Il est venu pour introduire - ou inaugurer - son Royaume, le Royaume de Dieu. Nous trouverons de nombreux textes de Jean le Baptiste et de Jésus Lui-même qui parlent de ceci dans le Nouveau Testament. En voici un très clair dans Matthieu 12 : 28, un texte que Jésus a souvent utilisé pendant ses trois années de ministère sur terre: "Le Royaume de Dieu est proche". Il a commencé lors de Sa première venue. Dans ce texte Il dit: "Mais, si c'est par l'Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers vous".

 

    L'homme était resté quatre mille ans captif et maintenant le Christ venait pour lui rendre la liberté. C'est cela le clair enseignement du Nouveau Testament. La première venue du Christ avait pour ambition de délivrer le monde des mains du diable. A la croix Satan a été expulsé, mais pas détruit. Ainsi, depuis la croix nous avons deux royaumes qui cohabitent, le royaume de ce monde restant toujours sous la domination de Satan. Il n'a pas été supprimé, il faut attendre la fin du temps pour que cela se produise. Avec le Royaume de Dieu ce sont deux gouvernements qui cohabitent mais s'opposent l'un l'autre sur cette terre. Lisez 1Jean 5 et vous verrez que Jean parle de ces deux royaumes; vous rencontrerez cette situation dans tout le Nouveau Testament, dans les Évangiles et dans les écrits de Paul. 1 Jean 5:18-19: "Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche point; mais celui qui est né de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche pas".

 

    Certains sont troublés par ce texte "celui qui est né de Dieu ne pèche point". Considérez "ne pèche point" dans son contexte. Le Nouveau Testament définit le péché de deux manières différentes. L'une est typique de l'approche Adventiste et elle est correcte. "Le péché c'est la transgression de la loi". S'il vous plaît, notez que dans ce contexte précis c'est de l'autre manière que ce texte doit être compris ; le péché ici est à considérer dans son sens "d'incrédulité". Le croyant ne commet pas d'acte d'incrédulité, sans quoi il ne s'attendrait pas au royaume de Dieu. Regardons le verset 19, et souvenons-nous que le malin ne peut pas toucher le croyant. Il peut le tenter. Il peut même le tuer physiquement, mais il ne peut pas lui ravir la vie éternelle tant que ce dernier reste en Christ par la foi. Regardez le verset 19: "Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier est sous la puissance du malin".

 

    Nous appartenons au royaume de Dieu mais le reste du monde est à Satan, placé sous sa domination. Aussi lorsque vous rencontrez un homme qui vous dit: "je suis libre, je vis en Amérique", il est clair qu'il ne connaît pas la vérité. Personne n'est libre. Vous êtes soit de Dieu soit du diable. Vous appartenez forcément à l'un des deux gouvernements. Le royaume de Satan est sur la pente glissante; un regard sur les royaumes décrits par Daniel le montre aisément. Babylone était la tête d'or, le numéro un. Le royaume qui suivit lui fut inférieur et ainsi de suite jusqu'aux royaumes divisés et à la destruction finale, quand Dieu lui-même intervient pour prendre le pouvoir.

 

    Le sujet essentiel, des jours de Daniel à aujourd'hui, consiste à savoir à quel camp nous voulons appartenir. Si nous choisissons le monde, nous savons qu'il sera détruit. Souvenons-nous que le royaume de Dieu a été inauguré à la première venue de Jésus-Christ. Il sera définitivement établit à la fin des jours. Daniel 8:14 et le chapitre 7 sont centrés sur cet événement.

 

    Daniel 2, la grande pierre, donne un bref aperçu du jugement. Daniel 7 dépeint le jugement investigatif, période pendant laquelle Dieu justifiera légalement ses saints devant Satan qui les accuse. Daniel 7 est une bonne nouvelle pour le croyant. L'accusateur des frères sera éliminé pour toujours. Dieu justifiera les saints. Daniel 8 parle de la purification du sanctuaire, ou de la justification du sanctuaire, de sa restauration. Peu importe le mot que vous préférez, souvenez-vous que la Septante utilise le mot grec: "katharizo" qui signifie : purifié.

 

    En lisant Daniel 8 nous progressons pas à pas, en résumant le chapitre entier en deux mots, pour converger ensuite vers le point central exprimé dans Daniel 8 :14 et considérer ce passage dans son contexte et de façon scripturaire. Dans ce chapitre 8 de Daniel vous retrouverez le même schéma que dans les chapitres 2  et 7. Dans un premier temps il vous donne la vision. Au chapitre 8 nous verrons quatre étapes dans cette vision. Puis, il donne l'interprétation de la vision. Le plan est le suivant: du verset 3 au verset 17 il s'agit de la vision et des versets 20 à 26 il parle de l'interprétation. Les versets 1 et 2 nous indiquent le moment et le lieu où Daniel reçut la vision.

 

    "La troisième année du règne du roi Belschatsar, moi, Daniel, j'eus une vision, outre celle que j'avais eue précédemment. Lorsque j'eus cette vision, il me sembla que j'étais à Suse, la capitale, dans la province d'Élam". Nous ne savons pas exactement en quelle année cette vision a été donnée. Nous avons appris des érudits bibliques que cela se produisit approximativement vers 553 avant Jésus-Christ. Souvenons-nous qu'il l’a reçue un peu plus de cinquante ans après la destruction de Jérusalem et du temple terrestre, à un moment où les Juifs étaient encore en captivité. Il aperçut quatre choses dans cette vision.

 

    Dans Daniel 8:3 et 4 il voit un bélier avec deux cornes. Par les versets 5 à 8, nous apprenons qu'il voit un bouc avec une corne brisée de laquelle sortent quatre autres cornes. Du verset 9 au verset 13 il aperçoit une petite corne sortir de l'une de ces quatre cornes. Cette petite corne semble croître et devenir un pouvoir ecclésiastique ayant à faire avec les choses religieuses. Ce pouvoir met "le quotidien" de côté et foule la vérité aux pieds, il méprise aussi les saints et prospère. Daniel 8:14 traite des deux milles trois cents soirs et matins, ou deux mille trois cents jours.

 

    C'est donc la vision, avec ses quatre aspects, le bélier, le bouc, la petite corne et les deux mille trois cents jours - ce sont donc les quatre choses qu'il vit. Après avoir considérer la vision, intéressons-nous à ce qui se passe au verset 15: "Tandis que moi, Daniel, j'avais cette vision et que je cherchais à la comprendre, (notez s'il vous plaît qu'il avait reçu la vision mais qu'il ne savait pas l'interpréter) voici, quelqu'un qui avait l'apparence d'un homme se tenait devant moi. Et j'entendis la voix d'un homme au milieu de l'Ulaï; il cria et dit: Gabriel, explique lui la vision".

 

    En premier lieu Daniel reçoit la vision et c'est ensuite que Gabriel est invité à lui expliquer ce que révèle cette vision. Remarquons aussi la dernière partie du verset 17: "Il vint alors près du lieu où j'étais; et à son approche je fus effrayé, et je tombais sur ma face. Il me dit: Sois attentif, fils de l'homme, car la vision concerne un temps qui sera la fin".

 

    Cette vision doit donc nous conduire vers le temps de la fin. Mais que devons-nous comprendre par "temps de la fin?" Il n'y a que deux possibilités pour interpréter cette dernière partie du verset. Cela peut soit indiquer la fin du temps de la dispensation juive, que nous savons être terminée en 34 après Jésus-Christ, soit indiquer le temps de la fin du monde. A laquelle de ces deux interprétations Daniel fait-il allusion? Pour Daniel, il est clair qu'il pensait à son peuple et le chapitre neuf le montre bien. Mais en y regardant de très près, il parle aussi de la fin de ce monde.

 

    "Comme il me parlait, je restais frappé d'étourdissement, la face contre terre. Il me toucha, et me fit tenir debout à la place où je me trouvais". Ce n'est pas le moment de dormir Daniel, tu dois comprendre le sens de cette vision! Le voici: "Puis il me dit: je vais t'apprendre ce qui arrivera au terme de la colère,..." Je vais te faire connaître ce qui arrivera à cette petite corne qui a commis ces choses horribles. Et quelle est la fin de cette vision? "car il y a un temps marqué pour la fin".

Le verset 20 explique le premier point. Voici ce qu'il dit: "Le bélier que tu as vu, et qui avait des cornes, ce sont les rois des Mèdes et des Perses". Le premier de ces points est éclairci. Il n'y a pas de problème ici. Il a déjà vu cela aux chapitres 2 et 7. Le verset 21: "Le bouc c'est le roi de Javan - de Grèce - (que nous savons être Alexandre le Grand). La grande corne entre ses yeux c'est le premier roi".

 

    Puis il poursuit pour dire ce qui arrive à cette corne et ce qui se produira à la mort d'Alexandre, avec l'apparition des quatre royaumes qui n'auront pas autant de force. Puis au verset 23: "A la fin de leur domination, lorsque les pécheurs seront consumés..." Que veut-il dire par: "les pécheurs seront consumés..." Il nous faut être bien clair sur ce point. Je peux m'expliquer ici brièvement. Si vous allez au chapitre 4 de Daniel vous y trouverez la signification de cette phrase. Souvenez-vous de Belschatsar qui profana le sanctuaire. Au chapitre 4 Nebucanetsar reçoit une vision et Dieu lui dit par Daniel: "Tu es devenu trop orgueilleux. Tu t'exaltes toi-même au dessus du Dieu du ciel. Tu dois t'humilier".

 

    Malheureusement le roi Nebucanetsar prit en compte cette remarque pendant une année seulement, puis il fut de nouveau rempli d'orgueil. Marchant sur sa terrasse il dit: "N'est-ce pas ici Babylone la grande que j'ai bâtie, comme résidence royale, par la puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence?" Qui l'avait construite? Par quel pouvoir? Pour quelle gloire? Et que se passa-t-il? Le verset 31 nous l'apprend: "La parole était encore dans la bouche du roi, qu'une voix descendit du ciel: Apprends, roi Nebucanetsar, qu'on va t’enlever le royaume". (On ne lui dit pas que Babylone est tombée).

 

    Allons maintenant au chapitre 5 et considérons Belschatsar. Il prit les ustensiles d'or du temple et qu'en fit-il? Il organisa une fête et s'en servit pour boire du vin. Que fit-il? Il défia le Dieu du ciel. Vous vous souvenez sans doute de ce doigt qui apparut pour écrire les fameux mots sur le mur. Lisez ce que Daniel dit à Belschatsar. Il lui fit un résumé de la vie de son père. Il est vrai qu'il ne s'agissait pas de son père mais de son grand-père en réalité. Dans la culture orientale tout homme de qui vous descendez est votre père. Daniel dit plusieurs choses à Belschatsar, lui rappela ce qui se passa pour son grand-père, et pour finir comment le bon sens revint à son esprit pour lui permettre de reconnaître le Dieu du ciel. Puis Daniel lui fit cette remarque: "Tu savais ces choses. Tu ne les ignorais pas mais délibérément, de toute ta volonté tu as choisi de défier le Dieu du ciel. Par conséquent Babylone est tombée". Le mot "transgression" dans l'Hébreu signifie violer volontairement et délibérément un règlement. Le péché consiste à manquer le but. Tous pèchent mais la transgression est une démarche obstinée et délibérée. Ce que Daniel dit ici c'est qu'un temps est donné à chaque nation. Un temps est donné aussi pour les États-unis d'Amérique. Si notre rébellion est délibérée et obstinée, après un certain temps Dieu dira: "Ichabod" (la gloire s'en va), comme il le fit pour Israël. Ce que Daniel veut dire c'est qu'à partir du moment où le temps de probation pour la Grèce aura pris fin, quand ils auront volontairement et obstinément fait le choix de rejeter le Dieu du ciel, une petite corne se lèvera. Ainsi, la pleine transgression consiste à rejeter délibérément Dieu, comme le fit Belschatsar.

 

    Autrement dit chacune de ces nations s'est effondrée parce qu'elle s'est détournée de Dieu. Nous ne devons pas, en tant que nation, tourner le dos à Dieu. Mais l'histoire nous dit qu'elle se répète malheureusement souvent. Il nous faut apprendre la leçon de Babylone et la leçon de la Grèce. Il nous faut aussi comprendre la leçon de Rome. Puis vient un pouvoir religieux qui semble se trouver du côté de Dieu. Et que fait-il? Lisez les versets 23 à 25: "A la fin de leur domination, lorsque les pécheurs seront consumés, il s'élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s'accroîtra, mais non par sa propre force; il fera d'incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuple des saints".

 

    Quel était le gros problème de la petite corne? Elle essayait d'adorer Dieu par le pouvoir de la politique. Il y a un nouvel enseignement qui apparaît aujourd'hui. Il est pour le moment discuté dans le milieu des théologiens et ne se répand pas pour l'instant dans l'Église. On le définit comme "la théologie de la reconstruction". L'idée est que l'Amérique se vide de toute moralité et qu'il est nécessaire de revenir aux principes de l'Ancien Testament, (à savoir: "Mieux vaut faire ceci sans quoi tu seras puni"), pour restaurer un peu cette morale. C'est la religion par la force ou encore la théologie de la reconstruction. Le plus grand nombre de théologiens qui adoptent cette idée sont Américains. Ils souhaitent une Amérique imposant des règles religieuses, une religion forcée. Cela se prépare et il vous faut être avertis. C'est une idée qui est sur le point d'être acceptée par la majorité morale aux États-unis et c'est ce que la petite corne a fait elle aussi. Elle a obligé les gens à croire à ce qu'elle a dit. "Ce que je vous dis est la vérité. Si je vous dis que le monde est plat il vous faut le croire".

 

    Que s'est-il passé pour des fondateurs du système scientifique comme Francis Bacon ou Ray Du? Que s'est-il passé pour ces hommes qui affirmèrent que la terre était ronde? Le premier à avoir dit cela fut taxé d'hérétique. L'Église devint une autorité. Elle doit normalement représenter une autorité mais elle ne doit jamais être l'autorité absolue. Ainsi, ce qui se produisit c'est que la petite corne commença à usurper le pouvoir. Gardons les yeux sur le verset 24 de Daniel 8: "Sa puissance s'accroîtra" et au verset 25: "A cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l'arrogance dans le cœur (comme Belschatsar), il fera périr beaucoup d'hommes qui vivaient paisiblement, et il s'élèvera contre le chef des chefs".

 

    Autrement dit cela consiste à affirmer que pour être sauvé il faut passer par elle. Le salut n'est plus en Christ mais dans l'Église. Je peux parler de cela car j'ai bien connu cette situation. Mon prêtre m'a dit à l'époque où je suis devenu Adventiste: "Tu te sépares de l'Église catholique en devenant Adventiste, tu te sépares aussi du salut". "Je lui dis pourquoi? Je ne me sépare pas de Christ". " En te séparant de l'Église tu te sépares des sacrements, et en te séparant des sacrements, tu quittes la grâce, et là où il n'y a pas de grâce est la damnation".

 

    Je lui ai répondu: "Gardez vos sacrements, Christ me les offre directement, par le Saint-Esprit". Bien entendu il pensait que je blasphémais. La question qui se pose au verset 13: "Pendant combien de temps permettras-tu mon Dieu à la petite corne de dominer sur ton église, sur ton royaume. Combien de temps?" Le verset 14 donne la réponse. Mais regardez l'interprétation de la réponse verset 26: "Et la vision des soirs et des matins..." Souvenez-vous que Daniel n'a pas utilisé le mot "jours" dans l'original. C'est la version King James qui dit "jours", mais le texte hébreu de Daniel 8:14 dit: "Deux mille trois cents soirs et matins alors le sanctuaire sera purifié".

 

    "Et la vision des soirs et des matins dont il s'agit est véritable. Pour toi, tiens secrète cette vision, car elle se rapporte à des temps éloignés". Or, en Hébreu cela donne: "il le sera dans un futur éloigné". "Le verset 14 ne concerne pas ton temps Daniel, il est pour un temps futur. J'expliquerai ces choses à ceux de l'époque concernée, mais toi, tiens secrète la vision". Ceci était facile à dire pour l'Ange Gabriel et difficile à recevoir pour Daniel. Que lisons-nous plus loin au verset 27? " Moi Daniel, je fus plusieurs jours languissant et malade; puis je me levais, et je m'occupais des affaires du roi. J'étais étonné de la vision, et personne n'en eut connaissance".

 

    Souvenez-vous, il y avait quatre points dans la vision, le bélier, le bouc, la petite corne et les deux mille trois cents soirs et matins. Nous avons parlé des trois premiers éléments qui ne posèrent pas de problème à Daniel. Ils lui furent expliqués. Mais ce ne fut pas le cas du quatrième. La partie de la vision qui a étonné Daniel et qu'il n'a pas comprise est présentée au verset 14. Il n'y avait pas d'explication et cela le mit mal à l'aise.

 

    Savez-vous combien de temps Daniel a dû attendre? Environ quatorze années! Non pas quatorze jours mais quatorze années. Le chapitre 9 de Daniel est le passage qui relate l'explication de Dieu. Lisez ce passage attentivement, et remarquez quelque chose dans sa prière. Daniel 9 est une longue prière.

 

    Remarquez le souci de Daniel. Son inquiétude ne porte pas sur le sanctuaire céleste, mais il est anxieux au sujet du sanctuaire terrestre d'Israël qui est en ruine. Aussi longtemps qu'il reste en ruine le nom de Dieu tombe est déshonoré. Son souci concerne le sanctuaire terrestre.

 

    Remarquez aussi la prière de Daniel. Dans ses paroles il ne dit pas: "O Dieu, j'ai été loyal envers Toi alors que ton peuple d'Israël a échoué. "Il ne parle pas de cette façon. Il s'identifie lui même avec les erreurs de son Église. C'est là un concept d'identité collective.

 

    Quand vous voyez des erreurs dans votre Église, ne pointez pas votre doigt sur elle sans le pointer aussi sur vous puisque vous appartenez aussi à ce corps. En Afrique, si vous volez, on vous frappe de quarante coups. Les quarante coups ne sont jamais donnés sur les mains qui ont volé, mais sur le postérieur. Pourquoi cette partie souffre-t-elle à cause d'une erreur commise par vos mains ? Parce que c'est un seul corps. Il en est de même pour Daniel qui était loyal envers Dieu, qui était prophète, serviteur de l'Éternel, et fidèle, il s'identifiait aux manquements et erreurs de son Église. Nous avons péché, et non pas ils ont péché. A nous la confusion et non pas à eux.

 

    Souvenez-vous bien de ceci, car de nombreux mouvements satellites de l'Église ont une attitude de condamnation vis-à-vis de ce qui s'y passe et gardent d'eux-mêmes une considération de propre justice. C'est une attitude contraire à l'Évangile. C'est vrai que nous avons commis des erreurs, et il est vrai aussi que nous connaissons des problèmes sur le plan théologique, administratif et sur d'autres plans encore, mais nous sommes appelés à nous agenouiller comme Daniel et à prier comme il l'a fait. Nous ne réglerons pas la question en condamnant le Président car le problème n'est pas là - parce que l'église est un corps.

 

    Regardez sa prière et voyez la réponse de Dieu par l'ange. C'est à partir du verset 21 et suivants. Étudiez Daniel 9 avec soin, et utilisez si possible plusieurs traductions. Dans le prochain chapitre de ce livre, nous étudierons Daniel 9 qui correspond à l'explication du chapitre 8. Nous parlerons de la mission du Mouvement Adventiste et nous verrons ce que Dieu veut dire par "purification du sanctuaire". Un travail a été confié à cette Église. Si nous ne considérons pas cette mission, il n'est pas nécessaire que nous nous démarquions des autres dénominations. Nous devrions dans ce cas nous joindre aux autres Églises. Que Dieu nous permette de comprendre le rôle que nous avons à jouer. Quand nous aurons bien compris ce à quoi nous sommes appelées, nous ne resterons pas assis sur nos bancs. Nous irons au dehors et accomplirons notre mission. C'est ma prière au nom de Jésus.

 

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