« Et ils tourneront les regards vers Moi, celui qu'ils ont percé »

 

Catalogue

 

Aujourd’hui, je veux vous inviter à tourner vos regards vers Christ. A Le contempler, à méditer sur Lui. Mais avant, je voudrais que nous méditions sur quelque chose de bien distinct.

Voici la couverture et la dernière page du livre : Voyage au cœur du surnaturel, de Roger Morneau. Roger Morneau est un auteur adventiste respecté qui milita, dans sa jeunesse, dans les hautes sphères du spiritisme (il savait qu’il ne communiquait pas avec de soi-disant esprits des morts, mais avec des anges déchus). A une certaine occasion, il entendit un prêtre sataniste donner une information privilégiée relative aux plans que le diable avait tracés :

« Au début du XVIIIe siècle, Satan et ses esprits conseillers tinrent un grand concile général pour se préparer à l’âge industriel qui ferait bientôt son apparition dans le monde…

« Comme Satan avait étudié les prophéties de la Bible, il avait compris la signification de Daniel 12 : 4, qui décrit les temps de la fin, quand la multitude sera perplexe et que la connaissance augmentera. Il reconnut cette époque comme idéale pour séparer les hommes de leur Créateur et mener les multitudes de la terre à la perdition…

« Il y eut de longues délibérations qui se conclurent par la décision d’adopter des projets pour tromper un grand nombre de personnes, de façon à les empêcher de devenir membres du royaume du Christ. Ils appartiendraient alors automatiquement au royaume de Satan. Le Comité exécutif adopta un plan en trois parties :

« Tout d’abord, il fallait convaincre les humains que Satan et ses anges n’existaient pas vraiment.

« La phase suivante consistait à obtenir un contrôle total sur les gens, en faisant reconnaître l’hypnose comme une science nouvelle et bénéfique. Des hommes possédant de grandes connaissances répandraient, sous la direction de démons amicaux, la doctrine de l’immortalité de l’âme en faisant soi-disant régresser certaines personnes à l’époque de leurs vies antérieures…

« Pour ajouter de la puissance à cette tromperie, à certaines époques, les démons agiraient sur le personne hypnotisée de manière à ce qu’elle parle couramment une langue étrangère qu’elle n’avait jamais entendue auparavant. L’hypnose permettrait à Satan de déchristianiser le monde occidental par le biais du mysticisme.

« La troisième partie du plan de Satan consistait à annuler l’influence de la Bible sans supprimer cette dernière. Satan enlèverait la pensée de Dieu de l’esprit de millions de personnes grâce à la théorie de l’évolution. 

« Le prêtre affirma que Satan avait sélectionné des personnes de grande intelligence pour faire avancer son plan.

« Il a choisi un médecin autrichien appelé Franz Mesmer pour que l’hypnose, d’un jouet occulte, devienne une nouvelle science…

« À l’époque de sa mort, en 1815, l’hypnose en tant qu’anesthésique avait commencé à obtenir une aura de respectabilité parmi de nombreux médecins européens…

« Charles Darwin, né en 1809, et Thomas Henry Huxley, en 1825, ont été tous les deux assez vite sous l’influence des démons du fait que les médecins utilisaient l’hypnose comme une forme d’anesthésique. Les démons décidèrent que lorsque les deux enfants seraient adultes, ils seraient les instruments qui feraient avancer la religion que nous connaissons sous le nom de théorie de l’évolution. » (Roger Morneau, A Trip Into the Supernatural, Review and Herald 1982 ; fragments des pages 41-43).  

Nous avons lu « déchristianiser le monde occidental par le biais du mysticisme ».

La méditation mystique et la prière contemplative ont une longue histoire qui débute dans les anciennes religions païennes d’Orient. Entre les années 300-500 a. J-C, les « Pères du désert »  importèrent d’Orient la méditation mystique et la prière méditative qu’ils enseignèrent ensuite aux moines catholiques. Le mysticisme demeura ici, cloitré presque exclusivement entre les murs des monastères, des couvents et des abbayes jusqu’à ce qu’au Moyen Âge, Ignace de Loyola (1534) compila et systématisa cet enseignement, et fit tous les efforts possible pour le populariser.

En Espagne, certains mystiques comme Thérèse de Jésus, Jean de Ávilla, Jean de la Croix, et Ignace de Loyola lui-même, sont bien connus.

Presque à la même époque où Luther découvrait la lumière du salut par la foi grâce à son étude de la Bible, Ignace de Loyola, -le fondateur de l’Ordre de Jésus- acquérait d’une autre source sa « connaissance supérieure » par le moyen du mysticisme. Ses « exercices spirituels » furent les précurseurs de la dénommée « formation spirituelle » de notre époque.

Récemment, les moines trappistes Thomas Keating (1923-) et Thomas Merton (1915-1968) reprirent l’œuvre débutée par Ignace de Loyola, et rendirent ainsi la méditation mystique et la prière méditative populaire dans le monde catholique d’aujourd’hui. Au moment où ce document est écrit, l’âge avancé de Thomas Keating ne l’empêche pas de continuer de publier des vidéos sur YouTube pour faire connaître ses techniques.

Comment ce mysticisme si dépourvu de base biblique ferait-il pour s’intégrer au monde protestant, qui fut classiquement basé sur la maxime : Sola scriptura ? Les réformateurs protestants répudièrent fermement toutes ces expériences mystiques, les considérant comme de la sorcellerie et du spiritisme, quelque chose d’étranger à l’Écriture et totalement opposé à l’Évangile. Ils connaissaient bien Éphésiens 5 : 11 :

« Ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les. »

Le mysticisme trouva la porte d’entrée dans le Protestantisme grâce à Richard Foster, un jeune théologien, un quaker formé dans l’université George Fox et dans le Séminaire de Théologie Fuller. L’université George Fox porte ce nom en l’honneur du fondateur de la communauté des Quakers. Le livre de Richard Foster Celebration of discipline (Éloge de la discipline), a été déclaré par Christianity Today comme l’un des dix livres les plus influents du XXe siècle. Richard Foster a écrit des livres et a donné d’innombrables séminaires en promouvant la méditation mystique et la prière contemplative dans le monde protestant.

Les Quakers sont une dénomination particulière à l’intérieur du monde protestant. Ils ne se considèrent pas tous comme des chrétiens. Ils répudient en général la liturgie et les habitudes communes aux dénominations classiques évangéliques, et dévalorisent la Bible comme révélation de Dieu. Ils exaltent leur doctrine de la « lumière intérieure », qui signifie pour eux l’illumination immédiate et directe de la personne en relation avec le divin, en marge des Écritures. Son fondateur, George Fox (1624-1691) vécut en Angleterre pendant la guerre civile et la formation du Commonwealth. La religion des Quakers, -à cause de certaines de leurs croyances et de leurs pratiques propres au monde mystique-, fut un terrain fertile à l’introduction du mysticisme dans le Protestantisme. Voici quelques-uns des éléments habituels du « credo » des Quakers :

·         La pratique habituelle du « silence » (similaire à la prière méditative).

·         Vision cosmique consistante dans l’universalisme et le panthéisme.

·         Grande importance de l’illumination directe et personnelle de l’individu, au détriment de la révélation dans les Écritures, au moyen des prophètes choisis par Dieu.

Par leur moyen, le mysticisme oriental –après être sorti de l’environnement monastique et après avoir été popularisé dans le Catholicisme- a franchi une nouvelle barrière et a fait aussi une incursion dans le Protestantisme. 

Deux personnalités se détachent dans la promotion du mysticisme parmi les protestants –déjà en dehors de la sphère des Quakers- : Brian McLaren et Leonard Sweet, auteurs prolifiques de livres et de séminaires.

Entre les techniques promues se trouvent la répétition de mantras, la lectio divina, l’immersion dans le « silence », la prière méditative, contemplative ou centriste, la visualisation ou « méditation », toutes orientées vers la recherche d’un état altéré de la conscience caractérisé par la cessation de l’idéation consciente habituelle ce qui permet de se connecter, sans aucune barrière, au monde surnaturel qu’ils conçoivent comme Dieu en tout (tous) et tout (tous) en Dieu, bien que nous sachions que ce soi-disant dieu est écrit en lettres minuscules, puisqu’il n’est pas le Créateur et le Rédempteur qui se révèle dans la Bible, mais qui est précisément Son ennemi dans le conflit cosmique.

L’exercice de cet ensemble de discipline, est appelé « formation spirituelle ». Cela sonne bien, mais ce n’est pas ce qu’il parait être. Ne donnez pas une grande attention à cette terminologie concrète, car dès qu’elle éveille des soupçons, elle est nommée d’une autre manière qui semble également attractive et innocente.

Dans sa tentative de porter les croyants du monde entier à l’unité sous sa direction suprême, Satan essaie d’introduire sournoisement, dans le Christianisme, ses méthodes traditionnelles enracinées depuis l’antiquité dans les religions orientales. Et ne l’oublions pas, les « élus » sont la diane particulière des mensonges de Satan.

Dans Jean 17 : 3 nous lisons :

« Or, la vie éternelle, c'est qu'ils Te connaissent, Toi, le seul vrai Dieu, et celui que Tu as envoyé, Jésus-Christ. »

Est-il possible de connaître « le seul vrai Dieu » -et Jésus-Christ- au moyen des méthodes de celui qui est menteur et père du mensonge ? Est-ce Lui que nous connaitrons ? Ou allons-nous acquérir plutôt le type de connaissance qui vient après avoir mangé du fruit de la science du bien et du mal ?

Malheureusement, beaucoup de chrétiens bien intentionnés voient dans cela un abordage mystique, non seulement dans la manière de connaître le Christ, mais aussi dans la façon de faire découvrir le Christ au monde post-moderne dans lequel nous vivons.

Le mouvement de l’Église Émergente consiste à faire perdre toute l’importance de la Vérité en la sacrifiant sur l’autel de l’humanisme et de l’unité œcuménique. La soi-disant « Église Émergente » n’est pas une église dans le sens classique du mot : ce n’est pas une dénomination ; au contraire, il est anti-dénomination par nature. C’est un mouvement qui s’étend transversalement sur toutes les églises (Judaïsme et Islam inclus), en cassant les barrières entre les dénominations.

Comme l’illustrent les tableaux dépeints dans Ézéquiel 8, il ne s’agit pas d’une perversion dans le sens classique de crime, mais dans le sens de perversion de l’adoration authentique. Le vol et le mensonge ne sont pas encouragés, « l’adoration!» est promue, ce qui rend le mensonge subtil. Selon Ézéquiel 8, le peuple de Dieu avait incorporé le style d’adoration propre aux multicultures voisines. C’était un culte acceptable dans l’environnement qui les entourait, qui s’était introduit d’une manière subtile et progressive. C’était une modernisation innocente et nécessaire de la liturgie, mais elle cachait un changement profond dans le fond, dans l’enseignement ou la doctrine, et elle eut pour résultat un changement dans l’Être adoré, qui était devenu Satan au lieu de Dieu (Deut. 32 : 16 et 17 ; 1 Cor. 10 : 20).

C’est ce qui arrive, mais si c’est possible avec un raffinement encore plus grand, dans l’Église Émergente. Elle cache dans son soi-disant changement et modernisation de la liturgie, un changement radical dans l’enseignement. La cosmovision du conflit des siècles est abandonné et la centralité de Dieu –comme unique objet d’adoration et comme seul autorisé à définir quelle est l’adoration acceptable-, est délaissée. Naturellement, Satan, l’hypnotisme, le mysticisme et rien qui le suggère ne sont nommés. On évoque la centralité de Christ, mais si Christ est évoqué comme le tout, on n’accepte pas tout de Christ. Sa révélation dans l’Apocalypse est spécialement rejetée. En fait, Christ, l’Unique, n’est plus que le prétexte pour mettre l’accent sur l’unité œcuménique, sur la primauté de l’expérience, sur « l’Évangile » de l’amitié et les relations sociales saines. C’est l’esprit d’unité, mais ce n’est pas l’unité dans l’Esprit (cela peut sembler la même chose mais ça ne l’est pas ; le staff d’une banque, ou d’un club de football, peut et doit avoir un esprit d’unité, et cependant être aux antipodes de l’unité dans l’Esprit, ce que le Seigneur attend de nous : Éphésiens 4 : 3 et 4).

Ce mouvement fait un appel plus ou moins dissimulé à l’Adventisme pour qu’il abandonne son legs historique, sa mission et le message (des trois anges, de l’effacement des péchés et de la purification du sanctuaire effectuée par Christ comme souverain sacrificateur dans le lieu très-saint, comme préparation du scellement et de la venue de Christ), en les invitant à se centrer sur une œuvre de bienfaisance sociale de caractère œcuménique et intemporelle, sans aucune relation avec le calendrier prophétique divin qui est dans l’essence de notre origine et de notre raison d’être en tant que peuple du reste. C’est-à-dire, qu’il nous appelle à abandonner notre vision cosmique, celle du conflit des siècles, la controverse entre Christ et Satan, contexte ignoré par toute autre dénomination.

Selon l’idéologie de ceux qui promotionnent parmi nous le mouvement émergent, notre peuple n’est pas le dépositaire de la vérité, mais il détient une partie de la vérité, qui doit être réunie aux autres parties que Dieu aurait réparties parmi toutes les dénominations, dans l’attente que nous joignons avec celles-ci pour construire le « puzzle ». 

Le mouvement de l’Église Émergente semblerait avoir trouvé la formule pour faire croitre l’église en nombre. Le séminaire Fuller est devenu un centre reconnu pour son savoir quant à faire croitre les églises. Du point de vue numérique, il est difficile de mettre en doute le succès de l’Église Émergente, du moins aux États-Unis. Les méga et giga-églises telles que Saddle Back, dirigée par Rick Warren ; Willon Creek par Bill Hybels ; Crystal Cathedral, par Robert Shuller ; Lakewood, par John et son fils Joel Osteen, etc, le prouvent.

Elles mettent toutes l’accent sur l’homme et sa nécessité de se sentir bien. Elles ne se centrent pas sur l’adoration de Dieu en Esprit, ni sur la vérité du message des trois anges, et elles n’ont pas dans leur idéologie d’amener à sentir le besoin de se repentir. On considère comme une offense de réveiller la conscience. La capacité n’est pas donnée de convaincre de péché, de justice et de jugement. Au lieu de cela on procure une expérience agréable à la nature humaine, au moyen de ce qu’elles appellent une combinaison de l’ancien et du moderne : le mysticisme ancien et la musique rock actuelle (et les représentations théâtrales, etc.).

C’est la sortie des cloitres du mysticisme oriental médiéval, pour atterrir dans les églises café-concert du XXIe siècle. Le diable n’a pas négligé l’opportunité d’influencer la société, soit par le moyen du matérialisme, de la religion ou de la « spiritualité ».

Que pensez-vous d’une congrégation de plus de 200.000 membres ? C’est impressionnant, n’est-ce pas ? Ça vous donne des complexes ?

L’un des traits de l’Église Émergente est le mépris des doctrines, qui sont dénigrées comme étant « le cimetière où les bonnes idées meurent ». Mais tout dans la Bible est doctrine, tout est enseignement. Et même la «grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne … » (Tite 2 : 11 et 12).

Une fois, alors que Jésus présentait une vérité, une doctrine incommode, il y eu une désertion massive qui L’obligea à demander à Ses disciples s’ils ne voulaient pas eux aussi L’abandonner. Il est évident que Jésus n’était pas spécialement préoccupé par la croissance numérique de Son Église !

En contraste avec l’antérieur, je citerai un épisode qui illustre quel est le type de compromis avec la vérité et l’enseignement biblique d’un des promoteurs de l’Église Émergente : Brian McLaren. Il a affirmé dans un forum public qu’en fait Satan n’existe pas, que sa supposée existence n’est plus qu’une doctrine que nous les Chrétiens avons inventée pour élever des barrières entre les dénominations et pour pouvoir diaboliser les autres communautés ayant une foi distincte à la nôtre. 

Jésus dit aussi :

« Ne crains point, petit troupeau; car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume. » (Luc 12 : 32).

Faire croître l’église en nombre n’est pas la même chose qu’accomplir une mission. Et Dieu nous a confié une mission très concrète : celle de prêcher, par nos vies, le message des trois anges au monde, dans la perspective de la préparation pour la seconde venue de Christ.

Pensez à la mission de Noé : Si au lieu de prêcher son message concret et impopulaire il avait organisé des concerts de musique profane et des banquets dans l’arche, son « église » aurait très probablement grandi, n’est-ce pas ? Mais aurait-il accompli sa mission ?

Peu de personnes entrèrent dans l’arche. Huit personnes, ce n’est pas une méga ou giga-église. Cependant, c’était la congrégation à partir de laquelle l’Église de Dieu s’est développée par la suite, dans le Nouveau et l’Ancien Testament. Ne vous préoccupez pas d’être le « petit troupeau ». Dieu ne voit pas les choses comme l’homme les voit : Quand Noé est entré dans l’arche, il était une petite minorité ; mais après en être sorti, il était la majorité absolue. Ayez la patience des saints et vous vous trouverez non pas parmi la majorité, mais parmi l’humanité de ceux qui adoreront pour l’éternité le Dieu unique et vrai, quand le mensonge, la désillusion et le péché auront disparus pour toujours.

Que vous en semble si Jean-Baptiste, au lieu de préparer le chemin pour le Seigneur lors de Sa première venue, s’était limité à la tâche de subvenir aux besoins sociaux et physiques des pauvres et des malades ? Jean et Noé auraient-ils accompli leur mission en agissant ainsi ?

Que vous en semble si Christ, au lieu de monter au Ciel pour accomplir Sa médiation, premièrement dans le lieu saint et ensuite dans le lieu très-saint, était resté sur la terre pour continuer de soulager les indispositions sociales et physiques d’un nombre indéterminé de personnes défavorisées ?

Si nous abandonnions « les orphelins et les veuves » nous renierions certainement  la foi que nous professons, mais si le travail social constitue le centre et la mission du mouvement adventiste, et si le message spécial et urgent qui nous différencie du reste du monde croyant nous fait défaut, nous avons trahi notre appel, et nous ferions bien de nous demander –plutôt que d’être dans le peuple du reste-, si nos vies n’auraient pas plus de sens en militant dans les files de la Croix Rouge (organisation digne de louange, mais à laquelle l’Inspiration n’a confié aucun message prophétique).

Vu que l’idée d’adopter une mentalité postmoderne est à la mode pour ne pas perdre de l’importance dans une civilisation postmoderne, il est peut-être approprié de citer brièvement les traits principaux de la dite culture et société :

Une caractéristique principale est son mépris pour la religion et son estime pour la spiritualité. Faisant encore profession d’un esprit scientifique et rationnel, elle n’a pas d’objections à comprendre la spiritualité comme aller à la plage pour élever son esprit et le mettre en harmonie avec l’univers, par exemple : ou bien attribuer une spiritualité aux objets de la création végétale ce que l’on peut traduire par embrasser des arbres.

Mais le trait fondamental est peut-être le rejet de la vérité, de tout ce qui est absolu, en faveur du relativisme : « Tout a changé, tout dépend de qui l’observe, et du moment et le lieu depuis lequel il est observé’… 

Est-ce ainsi ? Oui, uniquement analysé superficiellement. L’apparence a changé, l’accessoire, mais non l’essentiel et ce qui est important. Bien que l’homme postmoderne veuille réclamer une originalité, le dicton de l’Ecclésiaste est toujours d’actualité :

« Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. S'il est une chose dont on dise: Vois ceci, c'est nouveau! cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés. » (Ecclésiaste 1 : 9, 10).

Observez cette brève liste d’absolus, et vous comprendrez qu’ils n’ont pas changé :

·        Satan

·        La nature de l’homme

·        Le péché

·        La mort

·        Le salut

·        La Bible

·        Christ

Rejeter la vérité signifie rejeter le grand « Je suis ».

« Ne crois-tu pas que Je suis dans le Père, et que le Père est en Moi? Les paroles que Je vous dis, Je ne les dis pas de Moi-même; et le Père qui demeure en Moi, c'est Lui qui fait les œuvres » (Jean 14 : 6).

Certes, le rejet de la vérité n’est pas non plus tout à fait nouveau, ni l’expérience de l’Église Émergente. La séparation progressive de la vérité et de l’incorporation d’éléments de la « spiritualité » des autres cultures joints à leurs styles d’adoration, a conduit l’Église chrétienne, aux IIIe et IVe siècles, à la grande apostasie, et a eu pour résultat la naissance d’une Église Émergente caractérisée par l’instauration d’un système qui, ayant été son promoteur, est aujourd’hui avide d’en recueillir les fruits et de diriger cette unité œcuménique émergente comme résultat. La Bible l’appelle « l’homme de péché », « le mystère d’iniquité », et il est décrit dans Daniel et l’Apocalypse en termes sans équivoque. 

Il est vrai qu’il y a un rejet de la vérité, et cela n’a pas surpris Dieu :

« Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. Mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances, fais l'œuvre d'un évangéliste, remplis bien ton ministère » (2 Timothée 4 : 3-5).

Maintenant, comment allons-nous accomplir notre « ministère » ? Comment allons-nous être plus importants ? en nous confondant avec la confusion du postmodernisme, ou en restant fermes dans la vérité et en faisant un appel clair aux personnes à abandonner cette confusion ?

Si vous considérez improbable que ce mouvement mystique émergent puisse nous affecter, il serait bon de rappeler que nous avons un antécédent tragique dans l’histoire de notre dénomination. Vers 1903, non seulement le docteur Kellogg, mais une bonne partie des dirigeants de notre œuvre qui avaient été de puissants serviteurs de Dieu auparavant, ont semblés séduits par le mysticisme, que nous appelons aujourd’hui la crise panthéiste. Le mysticisme de l’Église Émergente n’a pas seulement l’apparence du christianisme. Il peut aussi être « baptisé » avec la phraséologie d’E. White comme Kellogg prétendait le faire à son époque :

« Je suis obligée de nier que les enseignements de Living Temple puissent être appuyés par des déclarations tirées de mes écrits » (1MS 237).

E. White appela cette incursion du mysticisme dans l’Adventisme « l’Alpha de l’apostasie », et annonça que l’Oméga ne tarderait pas, et serait « d’une nature déconcertante » (1MS 231).

E. White écrivit :

« Nous n’avons pas besoin du mysticisme contenu dans ce livre [The Living Temple, de Kelloggs]. Ceux qui s’arrêtent à ces sophismes se trouveront bientôt dans une condition qui permettra à l’ennemi de s’entretenir avec eux et de les éloigner de Dieu. » (1MS 236).

E. White entendit crier « une voix avec autorité » qui disait : « Abordez-le ! », et elle reçut d’autres instructions « au sujet des erreurs qui s’introduisaient parmi nous » (1MS 240).

Elles ne s’introduisaient pas dans le monde : elles « s’introduisaient parmi nous ».

Prêtons maintenant attention au mysticisme et à ce qu’il renferme. Selon mon résumé de définitions trouvées sur Internet, le mysticisme consiste en la (vaine) prétention de maintenir une communication de caractère sensoriel avec Christ ou avec le divin, en se basant sur une certaine connaissance privilégiée de Dieu au-delà de ce que Sa Parole révèle.

Il est en relation avec le gnosticisme : une connaissance introspective du divin propre aux initiés, qui est considéré comme un type de connaissance (gnose) supérieure à la foi.

C’est la partie « vous serez comme des dieux » du mensonge de Satan à Adam et Ève, en Éden.

Dans l’Église Émergente l’expérience est exaltée, plutôt que la Parole de Dieu. C’est une expérience de la vue (2 Corinthiens 5 : 7), plutôt que de la foi (la foi est toujours basée sur la Parole : Romains 10 :17 ; Matthieu 8 : 8 et 10).

Comme le sacrifice de Caïn, cette philosophie contient un mépris pour le sang répandu au Calvaire pour la rémission des péchés : les initiés ne sont pas sauvés par la foi au pardon que Dieu octroie au moyen du sacrifice de Christ sur la Croix, mais ils se sauvent au moyen de la gnose, cette connaissance supérieure ou illumination qui se nourrit dans l’expérience de la prière méditative. Le centre se déplace du divin vers l’humain. La « prière » est exaltée et la Croix est méprisée.

Paul affirma :

« Ce n'est pas pour baptiser que Christ m'a envoyé, c'est pour annoncer l'Évangile, et cela sans la sagesse du langage, afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine. Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu…

Nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. » (1 Corinthiens 1 : 17, 18 et 23, 24)

« Car je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. » (1 Corinthiens 2 : 2).

Comme exemple, je reproduis trois phrases détachées d’un des promoteurs de la prière contemplative et d’autres pratiques en relation (Rob Bell) :

« Insister continuellement sur le fait qu’un des absolus de la foi chrétienne doit être la croyance que ‘l’Écriture seule’ est notre guide, fait partie du problème.

« La Bible est le produit de la manufacture humaine, non d’un mandat divin. »

« Je ne peux trouver un endroit où Jésus –ou la Bible- enseigne que nous devons nous identifier comme pécheurs avant tout et par-dessus toutes choses. »

Les dirigeants du mouvement de l’Église Émergente s’en tiennent aux doctrines basiques du spiritisme, en incluant la communication mystique. Nous avons l’habitude de concevoir le spiritisme comme la communication avec les esprits de démons, mais ladite communication n’est pas la fin mais le moyen. La fin est d’inculquer l’idéologie satanique, qui inclut :

1.       Un mépris de la Vérité, un mépris de la Bible comme unique règle de foi, comme Écriture inspirée par Dieu.

2.       La prétendue autosuffisance de l’homme, qui possède en lui-même l’énergie, la sagesse et la bonté infinie dans l’attente d’être découvertes.

3.       La négation de la réalité du péché et de la situation de condamnation dans lequel se trouve l’homme.

4.       Le mépris de la repentance, de la négation du moi comme étape nécessaire de la part de ceux qui reçoivent avec profit la grâce de Dieu dans le don de Jésus-Christ.

5.       L’acceptation de l’évolution (théiste ou pas) ainsi que d’autres « ismes », surtout le féminisme.

6.      L’abandon de la centralité de Dieu (religion), en faveur de la centralité de l’homme (spiritualité). Ce changement a été promu dans une phrase célèbre de l’Évangile, comme illustration du besoin de changement dans le paradigme (le centre passe de Dieu à l’homme) : « Notre Père céleste qui est aux cieux, que notre nom soit sanctifié… » (je suis peiné de devoir inclure crument cette déclaration de Robert Schuller, mais elle m’a paru révélatrice). Il propose une nouvelle définition du péché, qui ne consisterait plus en la transgression de la loi de Dieu, mais en blesser l’auto estime de l’être humain et son besoin de reconnaissance.

Jusque-là, j’ai essayé d’exposer cette menace formidable face à laquelle nous nous trouvons. Mais, due à la subtilité de celle-ci, des frères sincères avec lesquels j’ai partagé ce qui précède m’ont exprimé leur peur de flirter avec le mysticisme sans le savoir, dans leurs prières et leurs méditations. Ceci m’a conduit à comprendre que non seulement nous courrons le danger d’être séduits par ces « doctrine de démons », mais il y a d’autres dangers, et ils ne sont pas les moindres. Le chemin de l’erreur et de la vérité cheminent fréquemment très près l’un de l’autre, et nous devons être très prudent de ne pas rejeter ce qui est vrai, parce qu’il nous semble que la falsification garde certaines similitudes avec le don authentique de Dieu.

Rien dans ces techniques mystiques ne doit nous décourager de l’exercice de la véritable méditation, et de la prière, tel que la Bible nous les présentes dans de nombreux exemples (la prière de Daniel, celle de Salomon, celle de Jésus lui-même, etc.)

Comme il l’a fait pour tous les dons authentiques de Dieu, Satan a perverti aussi l’usage adéquat de la méditation afin de mettre en communication les êtres humains avec son royaume de ténèbres. Mais la vraie méditation chrétienne est extrêmement importante pour la croissance dans la grâce.

« La méditation et la prière sont nécessaire pour croitre dans la grâce. » (Testimonies, vol. 2, p. 183).

Voyons quelques-uns des contrastes entre le vrai et le faux :

Dans la méditation chrétienne authentique les yeux de l’esprit se fixent sur les vérités de la Bible et les capacités de la raison se mettent en action. Par contre, dans la méditation mystique le but recherché est de vider l’esprit de toute pensée consciente, afin qu’il soit perméable aux impressions « divines ». Ceci signifie l’abolition de toute barrière de la conscience, laissant ainsi l’esprit à un « point mort ». Quelle magnifique opportunité pour Satan d’introduire alors ses concepts, sans aucune évaluation analytique de notre part !

C’est un agissement apparenté à l’hypnotisme. La manière d’arriver à ce « silence », à cette « unité avec l’univers », ce fait par le moyen de la « vaine répétition » (Matthieu 6 : 7) de certaines paroles ou nom (bibliques, pour que cela semble chrétien) du style de mantra ; ou en fixant l’imagination sur une scène (biblique pour le même motif), à l’exclusion de n’importe quel autre pensée ou évaluation critique. C’est comme un « mantra » de cette image, une fixation obstinée et répétitive de la même idée, et la clé n’est pas le contrôle, mais son absence.

En revanche, dans la méditation chrétienne les facultés de l’esprit conscient sont exercées sans exclure les thèmes en relation, mais en permettant et en encourageant l’esprit à fonctionner de la manière que le Créateur l’a décidé : par l’interaction des idées associées. Par exemple, quand nous méditons sur un thème de la Bible, nous le faisons en l’examinant dans toutes ses apparitions dans le récit de l’Écriture, en le replaçant dans le contexte du grand conflit des siècles, en observant son rapport avec le grand point central : Christ, et Christ crucifié ;

·        en étudiant comment il affecte les vérités bibliques (surtout celle de la vérité présente pour notre époque : le ministère de Christ dans le lieu très-saint du sanctuaire céleste, l’effacement des péchés, le jugement investigatif et la préparation pour Sa seconde venue) ;

·        quelles implications il a pour nous personnellement ;

·        que peut-il m’apprendre sur le caractère de Dieu ;

·        comment dois-je réformer ma vie face à cette nouvelle lumière ;

·         comment puis-je partager cette connaissance avec les autres pour les conduire au Sauveur, etc.

Dans la méditation chrétienne, l’esprit se concentre au maximum, il s’efforce et il est sous le contrôle conscient, essayant à chaque moment de se soumettre à la direction du Saint-Esprit. C’est ce qu’Ellen White appelle « la raison sanctifiée ». En revanche, puisque la Bible ne vous l’enseignera jamais, la méditation mystique exige la conduite d’un guide ou un mentor plus « initié » que vous. La véritable méditation chrétienne ne cherche pas à sentir, mais à croire : le chrétien croit, non parce qu’il sent, mais parce que Dieu l’affirme dans Sa Parole. Dans la méditation mystique, l’esprit se vide de toute pensée consciente, cherchant la confirmation sensorielle de l’unité mystique avec « l’Être suprême » duquel nous faisons (supposément) partie.

Donc, on ne vénère pas le Créateur de l’univers, mais on adore l’univers, et soi-même comme faisant partie de celui-ci. C’est de l’idolâtrie, c’est du panthéisme, de l’hypnotisme et du spiritisme. C’est le développement de la stratégie satanique décidée dans son concile du début du XVIIIe siècle. Souvenez-vous qu’il se propose de déchristianiser l’Occident par le moyen de l’incursion du mysticisme. 

C’est terrible, car l’objectif, la diane de cette séduction sont nos adolescents, nos jeunes et le système éducatif.

E. White écrivit beaucoup sur les dangers d’une imagination sans contrôle, mais elle mit en valeur ces citations relatives à l’exercice approprié de la méditation et de l’imagination :

« Représentez-vous la demeure des élus » (Le meilleur chemin, p. 84)

« Un champ illimité s’ouvre devant l’imagination » (Child Guidance, p. 488).

« Aujourd’hui, nous voyons un peu, et grâce à la méditation et à la prière, nous verrons mieux demain… Nous perdons beaucoup à ne pas éduquer l’imagination à s’occuper des choses divines au lieu des terrestres ! » (BCA VI, 1085).

« Il nous serait avantageux de passer, chaque jour, une heure dans la méditation et la contemplation de la vie du Christ. Il faudrait y penser d’une manière détaillée, s’efforçant, par l’imagination, d’en reproduire toutes les scènes, surtout les dernières » (Jésus-Christ, p. 67).

Je vous propose de suivre ce dernier conseil de l’Esprit de prophétie et de dédier quelques minutes à contempler la passion de Christ du point de vue du Père, ce que j’appelle le Gethsémani du Père.

Dans ce que je vais vous exposer de suite, il n’y a aucune prétention théologique. Je voudrais que ce soit simplement une occasion de contempler, de méditer le grand sacrifice de Dieu en Christ.

« Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers Moi, celui qu'ils ont percé. Ils pleureront sur Lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur Lui comme on pleure sur un premier-né » (Zacharie 12 : 10).

La « maison de David » se réfère aux dirigeants du peuple de Dieu. Les « habitants de Jérusalem » sont le reste du peuple de Dieu : les laïcs. Le texte nous parle du déversement du Saint-Esprit sur les dirigeants et les laïcs. Quand ceci aura lieu, nous serons disposés à regarder, à contempler le Seigneur Jésus comme Celui qui fut percé à cause de nos péché, et ceci éveillera en nous une profonde émotion comparable à celle d’une famille en deuil pour la perte récente de son fils unique. Notre tiédeur aura disparu ! C’est le miracle qui va se produire quand nous regarderons Celui qui fut crucifié pour nos péchés comme le dit Zacharie.

Que représentait pour le Père donner Son Fils unique ? Nous en trouvons un reflet dans l’expérience d’Abraham donnant son fils Isaac, mais ce n’est qu’un faible reflet, car Isaac ne fut pas le porteur du péché, il n’affronta pas la mort éternelle et il ne se sentit jamais abandonné par son père.

« La tristesse remplit le ciel lorsqu’il devint évident que l’homme était perdu, et que le monde créé par Dieu allait maintenant se peupler d’êtres mortels, voués à la misère, à la maladie et à la mort. Nul ne pourrait y échapper ; toute la famille d’Adam devrait mourir. Je vis alors Jésus ; sur Son visage se lisait une expression de sympathie et de tristesse. Je Le vis s’approcher de la lumière éblouissante qui entourait le Père. L’ange qui m’accompagnait me dit : ‘Il a un entretient secret avec Son Père.’ L’anxiété des anges était alors intense. Trois fois Jésus pénétra dans cette lumière éclatante ; la troisième fois qu’Il se sépara du Père nous pûmes voir Sa personne. Son visage était calme, ne reflétant aucune anxiété, aucun souci, aucune affliction. Il s’en dégageait une expression de bonté impossible à décrire. Il fit alors savoir aux armées angéliques qu’il y avait un moyen de salut pour l’homme pécheur. Il avait plaidé auprès du Père, et obtenu la permission de donner Sa vie en rançon pour la race perdue. Il se chargerait de ses péchés, Il mourrait pour elle, afin d’obtenir la voie par laquelle les hommes pourraient, par les mérites de Son sang, trouver le pardon de leurs transgressions » (Premiers écrits, p. 126).

Quand on lit ceci, une question surgit : Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qui connaissent la fin dès le commencement, devaient savoir qu’à un moment le péché allait apparaitre dans la famille humaine. Le péché ne fut pas quelque chose qui surprit la Divinité.

Cependant, nous voyons ici, qu’une fois le péché sur la terre, Jésus prie le Père. Nous avons lu comment Il informa les anges qu’Il avait intercédé et prié Son Père. Et nous avons lu que, ni une fois ni deux, mais trois fois Il dût présenter sa requête au Père.

Si le Père avait accédé à la demande de Jésus d’être le porteur du péché dès la première fois, y aurait-il eu une raison pour qu’Il réitère deux et trois fois sa requête ? Si tout avait été décidé, d’autres réunions n’auraient pas été nécessaires : l’information aurait été donnée aux anges après la première réunion. Mais, apparemment, il fut nécessaire de persuader le Père. Jésus dut insister afin de pouvoir s’offrir comme sacrifice pour les péchés du monde.

Que devait signifier livrer Son Fils bien-aimé pour Celui qui compte chacun de nos cheveux, pour qui la chute d’un oisillon à terre ne passe pas inaperçue ?

Le passage que nous avons lu nous dit que quand le péché entra dans le monde, le don de Dieu ne fut pas quelque chose de machinal, d’automatique. Le Père eut une lutte terrible. Une lutte si réelle qu’après avoir entendu Son Fils, Il Le renvoya deux fois afin de rester seul. Quelle angoisse put accabler le cœur de l’Amour infini ?

Il a dû contempler le traitement que Son Fils aurait à subir. Il a dû observer toute la vie de Jésus sur cette terre, dominée par un dictateur impitoyable, par Satan, le grand ennemi de Christ. Il a dû voir Son Fils incarné, se dépouiller de Sa gloire et venir comme un bébé sans défense pour revêtir l’humanité, incapable de voir la fin depuis le commencement, où seule la foi permet d’avancer dans le long tunnel obscur. Il a dû Le voir se développer, passer de l’enfance à l’adolescence pour arriver à la jeunesse et la vie adulte, entouré de ridicule, de moqueries, de mépris et de haine. Il a dû Le voir dans Sa relation avec Ses parents terrestres auxquels Il avait été confié. Il a dû Le voir  assis sur les genoux de Sa mère Lui enseignant la loi que Lui-même avait proclamée au Sinaï.

Il a dû voir le commencement du ministère public de Jésus, Son baptême, Ses quarante jours passés dans le désert, Ses terribles tentations, la sélection des disciples. Il a dû voir comment les personnes humbles du peuple répondraient en acceptant avec joie Son message du salut. Il a vu aussi l’attitude de ceux qui  se disaient dirigeants spirituels, comment ils entraineraient le peuple, et comment leur orgueil les amènerait à condamner et à donner la mort à Son Fils bien-aimé, au nom d’un soi-disant intérêt général et de l’unité de son peuple (Jean 11).

Le Père a dû contempler Son Fils dans la force de l’Esprit, jusqu’aux scènes finales. Durant la première partie de la vie de Jésus et Son ministère public, le Fils de Dieu ferait face à toutes les attaques de Satan avec la sécurité que le Père était avec Lui. Et avec cette sécurité, Jésus serait comme un Roc inébranlable ; Il sortirait victorieux de chaque conflit.

Mais le Père a dû alors contempler le jardin de Gethsémani. Ce serait là que Jésus commencerait à expérimenter l’angoisse déchirante de la séparation d’avec Son Père. Maintenant le Père voit Son Fils, non plus comme un Roc inébranlable, mais comme un Être sans défense aux mains de Son ennemi impitoyable et cruel. Maintenant, Il voit son Fils bien-aimé comme l’Agneau qui est conduit à l’abattoir.

Que sentiriez-vous si l’un de vos enfants était séquestré, pour être mis à mort ? Ce serait terrible, n’est-ce pas ? Mais tant que vous pourriez maintenir la communication avec lui, vous pourriez lui donner l’assurance de votre amour pour lui. Mais imaginez que la communication s’interrompe au moment même où il en a le plus besoin et où il est sans défense. Non seulement cela, mais votre enfant pense que c’est vous qui avez raccroché le téléphone, que vous l’avez abandonné et répudié.

Vous savez que ce n’est pas le cas, et vous ressentez pour votre fils plus d’amour que jamais. Mais que pense l’enfant ? Quand Christ est devenu le porteur du péché du monde, ce contact avec Son Père et dont Il dépendait tant sembla interrompu. Pour le Fils, ce fut terrible : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi M’as-Tu abandonné ? » Qu’en fut-il du Père ? Je crois que cela dût être la lutte du Père dans le Ciel. Il a dû observer le moment où Son Fils allait se sentir totalement abandonné, non seulement des hommes mais de Lui, Son Père ; et cette pensée a dû briser Son cœur.

Finalement, au Ciel, Jésus se dirige au Père pour la  troisième fois pour le supplier. On peut se demander si le Père se sentit soulagé ou attristé de recevoir cette troisième visite de Son Fils bien-aimé. À nouveau, Jésus prie le Père de l’autoriser à être le sacrifice pour tes péchés et les miens, pour les péchés du monde. Jésus prie le Père de lui permettre de souffrir la mort qui nous était réservée,  à toi et à moi, pour que toi et moi nous n’ayons pas à la subir, et que nous puissions vivre éternellement. Le Père doit décider qui Il livrera. Il n’y a que deux possibilités, et elles sont mutuellement exclusives. Livrera-t-Il le monde –te livrera-t-il ? Ou livrera-t-Il Son Fils ? Permettra-t-Il que Christ se livre pour tes péchés, ou te laissera-t-Il te perdre pour toujours ?

Comment vous sentiriez-vous, si vous deviez abandonner à la mort l’un de vos enfants, pour pouvoir en sauver un autre ?

Donner maintenant son accord à la prière de Son Fils, présentée trois fois, impliquait Lui refuser à Gethsémani sa demande angoissante, formulée trois fois, au milieu de Sa plus grande agonie. Au jardin de Gethsémani, le Père a vu Jésus le suppliant trois fois de ne pas avoir à boire la coupe amère de la séparation d’avec Lui, tandis qu’Il s’accrochait à la terre, comme pour amortir cette chute dans l’abîme de la séparation éternelle du Père et de la vie. À quoi le Père pouvait-Il maintenant s’accrocher ? C’était maintenant Son Gethsémani.

Finalement, la décision fut prise : « Car Dieu a tant aimé le monde, qu'il A DONNÉ Son Fils unique. » Il t’a donné, Il nous a donné Son Fils unique. Il ne s’agit pas d’un prêt sur 33 ans et demi. Jésus est notre don pour toujours. Il n’est pas difficile d’imaginer le Père et le Fils se fondre dans une étreinte éternelle, la plus grande de l’histoire de l’univers. C’est le « conseil de paix entre les deux » dont parle Zacharie (6 : 13).

L’époque qui précéda la naissance de Jésus sur la terre, ne dut pas être une époque de fête dans le Ciel. Comme le Père aurait voulu pouvoir assurer à Son Fils que, tandis qu’Il pendrait de la Croix et se sentirait totalement abandonné, Il serait réellement ici, à Son côté ! Comme Il désirerait qu’à ce moment-là Son Fils put être sûr de Son amour ! Où serait alors le Père ?

Le Psaume 18, -des versets 4 à 11-, est une description inspirée du Calvaire ; elle nous donne des détails sur le Christ et le Père sur la Croix, que nous ne trouvons pas dans le Nouveau Testament. Dans doute, la connaissance de ce Psaume un appui pour la foi de Christ à l’heure de Son agonie suprême :  

«Les liens de la mort m'avaient environné, et les torrents de la destruction m'avaient épouvanté; les liens du sépulcre m'avaient entouré, les filets de la mort m'avaient surpris. Dans ma détresse, j'ai invoqué l'Éternel, J'ai crié à mon Dieu; de son palais, il a entendu ma voix, et mon cri est parvenu devant lui à ses oreilles. La terre fut ébranlée et trembla, les fondements des montagnes frémirent, et ils furent ébranlés, parce qu'il était irrité. Il s'élevait de la fumée dans ses narines, et un feu dévorant sortait de sa bouche: Il en jaillissait des charbons embrasés. Il abaissa les cieux, et il descendit: Il y avait une épaisse nuée sous ses pieds. Il était monté sur un chérubin, et il volait, Il planait sur les ailes du vent. Il faisait des ténèbres sa retraite, sa tente autour de lui, Il était enveloppé des eaux obscures et de sombres nuages. »

« Ces épaisses ténèbres cachaient la présence de Dieu. Il fait des ténèbres son pavillon, et Il dérobe Sa gloire aux yeux des humains. Dieu et Ses saints anges se tenaient près de la Croix » (Jésus-Christ, p. 758).

Certainement « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec Lui-même… », mais la présence du Père était voilée, de manière que le Fils ne pouvait pas la sentir. Il devait subir la mort de laquelle Il nous sauve : une mort dans laquelle il n’y a pas d’espérance de résurrection, mais un sentiment d’obscurité et de condamnation absolues. Ce n’est que par la foi que le Porteur de ton péché devait traverser la vallée de l’ombre de la mort. Seul l’amour suprême, et pas l’espérance d’une récompense, pouvait affronter et surmonter cette expérience.

L’incursion de l’Église Émergente ne doit pas nous faire trembler, mais plutôt nous réveiller, nous pousser à étudier, prier et méditer. Ce n’est qu’un faux mouvement qui doit précéder le vrai. L’heure la plus glorieuse pour le peuple de Dieu, pour Son Église du reste, est encore dans le futur, et elle est chaque fois plus proche.

« En ce jour-là, une source sera ouverte Pour la maison de David et les habitants de Jérusalem, Pour le péché et pour l'impureté » (Zacharie 13 : 1).

« Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem Un esprit de grâce et de supplication, Et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, Ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né » (Zacharie 12 : 10).

« Et si on lui demande: D'où viennent ces blessures que tu as aux mains? Il répondra: C'est dans la maison de ceux qui m'aimaient que je les ai reçues » (Zacharie 13 : 6).

« Il invoquera mon nom, et je l'exaucerai; Je dirai: C'est mon peuple! Et il dira: L'Éternel est mon Dieu! » (Zacharie 13 : 9).

Il y a longtemps que Jésus veille sur nous, qu’Il prend soin de nous, qu’Il nous attire à Lui, en veillant sur nous tandis que nous sommes distraits avec les choses du monde (Jean 12 : 32). Notre repentance, celle qui favorisera l’effusion de la pluie de l’arrière-saison, viendra quand nous, Son Église, déciderons enfin de Le contempler, Lui que nous avons percé, et cela nous causera une vraie et profonde douleur. Après être passé par cette expérience, nous exalterons le Fils de Dieu comme le Désiré de toutes les nations, qui se distingue entre dix mille, dont toute la personne est pleine de charme ; notre peur et notre indifférence disparaitront, et cet Évangile du royaume sera prêché dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin.

Qu’il en soit ainsi.

  

Luis Bueno. Version du 23 décembre 2015.

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